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Le touriste alternatif, une espèce en voie d’extinction?



Cet article est publié dans le cadre de l’opération “Unis pour un tourisme alternatif”. Orchestrée par Voyageurs du Net et parrainée par Voyageons-Autrement, ABM, Babel Voyages, EchoWay et Viatao, cette opération vise à promouvoir dans la blogosphère le tourisme alternatif et responsable.

On entend de plus en plus parler aujourd’hui de tourisme alternatif, de développement durable, de respect des populations locales ou encore de tourisme humain ou solidaire…Une façon de voyager pas si récente que ça mais qui pourrait bien être victime de son succès dans les prochaines décennies…

Qu’est-ce que le tourisme alternatif ?

Un tourisme alternatif

« Voyager autrement » est surement le slogan qui définit le mieux le tourisme alternatif. Sortir des sentiers battus en explorant d’autres possibilités de voyager.

Le tourisme alternatif met généralement le doigt sur les dégâts du tourisme de masse. En effet, de nombreux exemples dans le monde nous montrent les ravages d’un tourisme abusif :

  • Destruction des habitats naturels des sites
  • Urbanisation intensive
  • Déplacement de population
  • Système économique ne profitant pas aux populations locales
  • Dégradation des paysages
  • Criminalité, surpopulation
  • …etc.

Le tourisme alternatif est, lui, complètement orienté vers la préservation des espaces naturels et la responsabilisation du voyageur vis-à-vis des populations locales.

Augmentation de la population et lobbying

Dans le grand combat contre la dégradation progressive de la planète et l’épuisement de ses ressources, le développement du tourisme alternatif est sans doute une excellente nouvelle ! Mais que peuvent vraiment ces « originaux » du tourisme face à la puissance économique des grandes compagnies mondiales et à l’augmentation de la population ?

Voici quelques chiffres :

  • 7.100.000.000 habitants sur terre
  • 240 000 personnes de plus sur terre chaque jour
  • 450 millions de personnes habitants une zone côtière dangereuse et susceptibles de devenir des réfugiés climatiques avec la montée des eaux.
  • Plus de 60% de la population mondiale est asiatique
  • 60% de la planète est couverte par des océans
  • La superficie des terres émergées sur Terre est de 148 940 000 km²
  • Moyenne habitant au km² sur la terre aujourd’hui  :  47.6 hab/km²
  • Moyenne habitant au km² aux Pays-Bas : 395 hab/km²
  • L’industrie du tourisme est celle qui se porte le mieux dans le monde : +4% en 2012

Ce que ces chiffres montrent :

La population mondiale est incroyablement élevée et n’en finit pas d’augmenter exponentiellement. Comment cette croissance continuera dans le futur ? Difficile de le dire mais il est facile de parier sur une augmentation constante de la population mondiale et, avec cela, une augmentation des pressions environnementales sur les espaces fragiles partout dans le monde.

Les changements climatiques dus au réchauffement climatique provoqueront dans les prochaines décennies des centaines de millions de réfugiés climatiques et la destruction de milieux naturels partout dans le monde.

Aujourd’hui plus que jamais, les pays émergents veulent leur part du gâteau et ne freineront pas leur croissance juste pour le bien de la planète, le continent asiatique étant le continent qui représente le mieux cette croissance démesurée et qui ne risque pas de freiner.

La superficie terrestre n’est pas extensible à volonté et, à moins de construire des villes sur l’océan, les habitants sur la terre vont devoir se serrer toujours plus avec le temps…

Certains pays ont déjà atteint une urbanisation très importante et quelques fois presque totale (Japon, Belgique, Pays-Bas, Corée du Sud,…etc.).

Avec le développement de la population mondiale et des pays émergents, le tourisme ne peut que augmenter. Les points les plus touristiques du monde ne peuvent qu’être de plus en plus fréquentés et toutes les zones de la planète sont concernées par cette croissance.

Et le tourisme alternatif dans tout ça ?

Il existe encore de nombreux endroits où l’empreinte de l’homme n’est pas encore assez forte pour menacer les merveilles naturelles et les populations locales. De plus en plus, ces espaces risquent de se réduire notamment en Amérique du sud (Pérou, Bolivie, Equateur, Vénézuela, Brésil) et en Asie (Cambodge, Birmanie, Viêtnam, Thaïlande, Chine).

Aujourd’hui le tourisme alternatif est un mode de pensée et de voyager en pleine expansion et nul doute que ses rangs vont grossir dans les années à venir, mais que se passera-t-il dans le futur ?

Quels sont les possibles scénarios pour le tourisme alternatif ?

  • Des millions de « touristes alternatifs » sur les routes qui ne font pas mieux, au final que les autres ? Un tourisme durable qui devient au final une industrie comme une autre transformant les espaces naturels en Zoo et les populations locales en acteurs ?
  • Des gouvernements qui prennent conscience de la fragilité de leur écosystème et qui en limitent l’accès ?
  • Epuisement progressif des ressources mondiales, baisse de la population, augmentation du cout des voyages ?
  • …?

Selon-vous, que nous réserve l’avenir ? Le tourisme peut-il continuer de cette façon ? Le tourisme alternatif est-il la solution ? Commentez !

12 commentaires

  1. Merci Eric de ta participation à notre opération. C’est une très bonne réflexion que voilà, réaliste et quantitative. Quand on parle d’écologie, des problèmes climatiques ou énergétiques, il est très important de quantifier les choses. C’est ce qui permet de faire les bons constats, même s’ils peuvent paraître très pessimistes.

    Je ne suis pas tout à fait d’accord quand tu dis que les hommes devront « se serrer ». Si on continue à se concentrer dans les villes, en effet. Mais je pense qu’il y a énormément de place en campagne pour tout le monde. Dans le monde entier, on a observé des exodes massives vers les villes. Les campagnes se sont vidées, il faut les remplir de nouveaux. Et pour les démesures démographiques en Chine et en Inde par exemple, le centre et l’Est de la Russie, une fois bien réchauffée, ne serait-elle pas le nouvel Eldorado du Monde ? Je ne pense pas que la démographie soit un problème en soit. Le problème, c’est les modes de vie énergivores, l’alimentation industrielle plutôt que paysanne, la surconsommation, la dégradation des espaces naturels…

    Mais revenons-en au tourisme. Le touriste alternatif devrait peut-être se « fondre » dans la population locale, avoir les mêmes habitudes, fréquenter les mêmes endroits… Et plutôt que de faire des excursions tous les jours, il le ferait le week-end, comme un famille ordinaire qui irait le week-end à la plage, à la montagne, aux musées… Dans ce cas là, les « millions de touristes alternatifs » dont tu parles serait plutôt des « habitants temporaires ».

    Tu termines par dire que les prix des voyages tendra à augmenter à l’avenir. L’augmentation des prix du pétrole est indéniable : celui des billets d’avion suivra nécessairement. Ce sera forcément un facteur de modification du tourisme mais peut-être dans le bon sens ? On devra voyager plus lentement, moins souvent, pour des périodes peut-être plus longues, on ira moins loin… Peut-être une aubaine pour le tourisme alternatif ?
    Kalagan Articles récents…Nomadisme : avantages et inconvénients (partie 1)My Profile

    • Bonjour Kalagan !

      Je ne crois pas au fait que habiter à « la campagne » sauvera le monde. Tout d’abord parce que même les gens qui habitent dans ces environnements ne vivent pas forcément avec un mode de vie « à la paysanne » mais avec exactement le mode de vie qu’en ville. Lorsque tu peuples des campagnes, tu as forcément des mini centres villes qui se développent, des industries, des routes…etc. Je ne vois pas en quoi cela pourrait réduire l’impact sur l’environnement. Tu prends les grandes villes américaines par exemple ou même australienne, elles s’étendent sur des dizaines de kilomètres et des mini centres villes apparaissent un peu partout…La campagne telle qu’on la connait ne peut pas accueillir tant de gens que ça sans devenir au final la même chose que les villes…

      Après, tu as raison, l’espace n’est pas forcément un problème en soi…Peupler la Russie ou le Brésil pourquoi pas, c’est plutôt les ressources terrestres qui sont le facteur limitant…Je parle des matières premières, de la nourriture, des matériaux plus rares pour la technologie, de l’eau, et de la qualité de l’air…C’est plutôt dans ce sens que je pense que la démographie sera un problème… 😉

      Pour ce qui est du prix des voyages, je suis d’accord avec toi, c’est plutôt une bonne chose que cela soit amener à augmenter…A voir….

  2. Je pense que les gouvernements des pays détruits par le tourisme de masse se doivent de faire quelque chose pour lutter contre. Mais c’est aussi aux touristes et aux hommes en général d’apprendre à respecter leur environnement.
    Stephane Articles récents…Faire du trocMy Profile

  3. Une des choses qui fait que le tourisme alternatif a moins de succès que le tourisme de masse est l’indice « confort ». Dans un éco lodge, vous n’avez pas internet ou vous avez pas d’électricité tout le temps.

    Les personnes veulent être à l’aise en vacances et ne pas se priver c’est pour cette raison que certaines destinations sont appréciés des touristes car elles envoient du rêve et c’est aussi à cause de l’esprit vacances.

    On m’a rigolé plusieurs fois lorsque j’ai dit que je faisais du woofing pendant mes vacances. Les gens veulent profiter et ne tiennent pas compte des locaux dans les pays étrangers.
    ave Articles récents…Vol et place dans les avionsMy Profile

    • C’est le grand problème du « tourisme alternatif »,…c’est qu’il en faut de la motivation pour faire des vacances de cette façon. C’est vrai qu’on critique souvent le « touriste de masse » mais il faut dire qu’une personne avec sa famille qui a deux ou trois semaines de vacances et qui veut se reposer et avoir la belle vie, ne va pas aller faire du Woofing…C’est vraiment un tourisme peu adapté à tout le monde…

  4. Le tourisme alternatif est une débilité novlangue-iste. Au final, un aller-retour en avion pollue autant qu’une famille normale en un an, le touriste est de fait un gaspilleur.
    Plutôt que de chercher des moyens de bobo-ïser à tout prix une pratique de toute façon néfaste, recentrons-nous à l’essentiel : visiter par chez nous. Là, on pollue pas/peu, on évite ainsi d’acculturer, et on fait des découvertes toutes aussi belles.
    Arthur Articles récents…KelbilletMy Profile

    • Il y a du vrai dans ce que tu dis, c’est aussi ma façon de penser. Si vraiment on ne veut pas polluer et vivre en harmonie avec la planète, autant rester autour de chez soi et ne pas faire le tour du monde en avion toutes les 5 minutes…Après bon,…la plupart des gens trouvent ça ringard de partir à côté de chez eux, c’est tout de suite moins exotique…On ne peut pas empêcher les gens de partir à l’autre bout du monde de nos jours…C’est tellement facile.

      Je pense que ce n’est pas en voyageant moins en avion qu’on règle la solution mais plus en faisant avancer la technologie des transports aériens pour qu’ils polluent moins…Le jour où les avions hybrides ou 100% électriques seront développés, on ne fera plus ce genre de débat 😉

      • Si, on peut les empêcher. D’ailleurs on y sera obligés à cause du manque de ressources.
        Mais d’abord, faire apprécier ce qui nous entoure. C’est une culture, une éducation. Que les gens soient aimables, qu’ils soient fiers de leurs attaches locales. Seulement on nous apprend à vivre dans la honte de notre pays. On détruit nos particularités régionales. Je ne cautionne pas du tout les discours identitaires, mais voilà : avant, le summum était d’être enterré au Panthéon ; maintenant, c’est de devenir dirigeant d’une multinationale à New York…
        Un avion 100% non-polluant n’existe pas, rien que dans les matériaux utilisés pour la construction

    • Bonjour Arthur,

      « débilité novlanguiste », oui et non. Le terme appelle logiquement la question : « alternatif… à quoi? ». Or, des formes alternatives au tourisme de masse, il y en a : le tourisme communautaire, l’écotourisme, etc.

      A tout prendre, ce n’est pas ce que je préfère personnellement : je trouve que le phénomène touristique, et quelle qu’en soit la forme (et j’estime que certaines sont plus morales et défendables, plus responsables et respectueuses de l’environnement socioculturel et écologique, plus profitables à ceux qui travaillent qu’aux capitalistes qui encaissent la rente du travail des autres) est nocif. Quelle qu’en soit la forme.

      Mais le fait touristique ne peut être pensé sans penser le capitalisme (qu’il s’agisse du capitalisme des pays libéraux ou, autrefois, du capitalisme d’Etat prétendument soviétique, puisqu’il y existait là aussi un tourisme et des stations touristiques : je n’ai pas de connaissance du sujet et ne m’étalerai donc pas là-dessus, mais il me semble que des stations touristiques, qu’elles fussent balnéaires ou de montagne, ont existé en URSS) et l’organisation du travail, le salariat et les congés payés, à plus forte raison l’imaginaire libéral càd la libre circulation des individus et donc le saute-mouton avec les frontières (pour les marchandises comme pour les hommes), l’indistinction privé/public, le sentiment que tout s’achète et que la curiosité pour tout doit être rassasiée (ce qui donne lieu à des formes de « tourisme alternatif » au tourisme de masse qui pour être alternatives n’en sont pas moins abjectes : tourisme ethnologique, tourisme des bidonvilles, etc.).

      Mais difficile d’aller faire la leçon à des personnes qui n’ont que 3 semaines de vacances l’été et 2 autres à répartir ailleurs (et encore, ça c’est les Français, héritage privilégié d’une histoire de luttes syndicales ; mais qu’on songe un peu à d’autres pays où les vacances — càd peu ou prou le répit laissé par les capitalistes quand ils veulent bien retirer la laisse — sont encore plus rares : on comprend assez aisément le relâchement brutal qui a lieu alors) et leur dire : « tu sais, tu devrais laisser ton boulot et tenter de vivre autrement, par exemple investir un village abandonné avec qq amis, cultiver la terre, dire merde au Carrefour et limiter la voiture »…

      Le tourisme est impensable sans l’imaginaire et une histoire de l’anthropologie libérale, qui est aussi une confiscation de la capacité d’imaginer de vivre autrement que selon les impératifs publicitaires (je résume à grands traits). Le tourisme c’est le prêt-à-consommer de la paresse.

      Même lorsqu’ils vont au Mexique ou, pire, visiter l’Egypte de Moubarak et la Tunisie Ben-Ali sans guerre se préoccuper de ce qu’à 5 km du lieu où ils se grillent la couenne, croupissent des prisonniers d’opinion, les touristes n’ont au fond pas d’intérêt pour le lieu qu’ils visitent, n’y RENCONTRENT (càd avec une notion d’échange) pas les locaux, n’y apprennent rien — ils s’en foutent, du reste — du pays. Au mieux, ils accèdent à une vision folklorisée d’un passé qui est d’autant plus exploitable pour l’industrie touristique qu’il est une matière inerte et sans réalité dans le présent.

      Le tourisme précipite donc les cultures dans la momification, empaille en quelque sorte les cultures ou les met dans un formol qui en garantit son caractère inoffensif et creux, destiné au Spectacle généralisé dont parlait Debord.

      Le voyage n’a son plus vif intérêt que s’il a lieu en majorité hors des cadres mentaux du tourisme (càd que ça n’empêche pas de visiter tel ou tel lieu touristique à l’occasion, mais que l’objectif majeur n’est pas la compulsive consommation de lieux et attractions), donc l’immersion. Et pour avoir vécu en Palestine une courte immersion (10 semaines) en 2004 et ici au Guatémala depuis 7 mois environ (ce qui se prolongera d’ailleurs), je peux te dire que l’immersion, càd la curiosité pour une culture, l’échange, les relations amicales nouées, les projets qui dès lors se construisent, cela prend du temps, exige un effort intellectuel car on sort de ses cadres de pensée européens… ce que d’ailleurs ne permettrait pas le voyage proche de chez soi, qui est à la fois indispensable pour connaître sa culture et aimer son pays, et à la fois insuffisant parfois pour accéder à une certaine distance critique aussi.

      Cela étant, l’imaginaire déraciné et sans-frontiériste, donc celui du voyage (et donc sa récupération mercantile par l’industrie touristique), est éminemment questionnable, ce qui d’ailleurs rend quiconque énonce cette critique de l’imaginaire libéral aisément suspect de rappeler « les-heures-les-plus-sombres » et autres balivernes du style : « Et quoi ? Vous voudriez que les gens restent chez eux et ne se rencontrent pas ? » (comme si qd ils font du tourisme il y avait une véritable RENCONTRE !) ou encore « Vous dénoncez le tourisme de masse, càd que vous dénoncez la possibilité pour les pauvres de voyager » (comme si les pauvres et les prolos représentaient la clientèle des all-inclusive : la majorité des pauvres et prolétaires, quand ils ont les moyens de voyager, le font en France, notamment par complexe d’infériorité et absence de maîtrise d’une langue étrangère)…

      Salutations,

      M.
      Mike @ Voyageurs du Net Articles récents…Île Moyenne : plus petit parc national du monde et paradis de la tortue des SeychellesMy Profile

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